Billet Urbain

9 ans déjà

3 novembre 2007 · 6 commentaires

On dit souvent que novembre est le mois des morts. En ce qui me concerne, j’ai effectivement quelqu’un de ma famille qui est décédé le 3 de ce mois. Il y a 9 ans, mon oncle André succombait à une fulgurante crise cardiaque. Il était à peine âgé de 52 ans.

À cet oncle que je voyais très rarement mais qui m’avait toujours surnommé ”princesse”, j’aimerais lui dire qu’il me manque beaucoup. C’est dans ces rares moment que je déplore le sentiment de non-appartenance que je ressens envers les membres de ma famille. Peut-être que si la différence d’âge entre mes cousins et moi était moins grande, les choses auraient été différentes. Si mes parents ne s’étaient pas séparés, j’aurais peut-être développé une relation plus solide avec ces gens qui partagent mon nom de famille. Mais ça je ne le saurai jamais.

Quelques semaines après son décès, nous avons reçus la traditionnelle carte de remerciement pour notre présence aux funérailles. Au dos de la carte en question, se trouvait un magnifique texte qui m’avait beaucoup touché à ce moment là. Même aujourd’hui, j’ai les larmes aux yeux en le lisant.

Ne pleure pas, si tu m’aimes

La mort n’est rien ;

Je suis simplement passé dans la pièce d’à côté

Je suis moi, tu es toi :

ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours

Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné

Parle-moi comme tu l’as toujours fait

N’emploie pas un ton différent

Ne prend pas un air solonnel et triste

Continue de rire de ce qui nous faisait rire ensemble

Prie, souris, pense à moi

Que mon nom soit prononcé à la maison, comme il l’a toujours été

Sans emphase d’aucune sorte et sans trace d’ombre

La vie signifie exactement ce qu’elle a toujours signifié

Elle reste ce qu’elle a toujours été

Le fil est coupé

Pourquoi serais-je hors de ta pensée ?

Simplement parce que je suis hors de ta vue ?

Je t’attends, je ne suis pas loin … juste de l’autre côté

J’aimerais te dire que que je pense très fort à toi et j’aurais tant aimé te voir plus souvent. Ta mort soudaine m’a fait un choc et je me revois encore, au salon funéraire, te fixant intensément tout en pensant : voyons, c’est un mauvais rêve, tu vas te réveiller et rire en nous disant ” je vous ai bien eus la gang ”.

La tombe s’est refermée 3 jours plus tard et je n’ai eu d’autre choix que de me dire que ce n’était pas un mauvais rêve, ni même une blague douteuse.

Ton souvenir est toujours vivant dans le coeur de ta princesse et par ce billet, je veux te dire que je ne t’oublierai jamais. Toi qui aurait pu être mon père car au tout début, c’est pour toi que ma mère avait un faible. Elle a préféré ton frère Gilles, plus sérieux que tu l’étais, toi qui avais envie de vivre pour encore quelques années ta jeunesse à cent milles à l’heure.

Peut-être que quelque part, au fond de toi, était enfouit ce secret de ta mort si hâtive et c’est ce qui t’a poussé à écouter ton urgence de vivre ?

Coco a été te rejoindre il y a quelques semaines et je suis sûre que vous avez beaucoup de plaisir ensemble. Veillez bien sur nous tous, on en a grandement besoin.

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Catégories : Quelle Famille · Quotidien