D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé dépenser. Que ce soit la petite allocation que me donnait mon père, ou mes premières payes en tant que vendeuse chez Rossy à l’âge de 14 ans et même encore aujourd’hui, l’argent sort de mon compte bancaire à une vitesse étourdissante.
Puis un jour, j’ai découvert les cartes de crédit. Alors que certaines personnes s’en servent intelligemment, d’autres comme moi dégainent cette arme de plastique plus vite que leur ombre. Un objet dans un magasin me plaît mais le solde de mon compte chèque n’est pas à la hauteur de la situation ? Qu’à celà ne tienne, Visa ou MasterCard sont mes amies, elles vont m’aider à obtenir cet objet que je convoite tant.
Depuis longtemps, je vis bien au-dessus de mes moyens. Malgré mes dettes qui s’accumulaient, j’arrivais à me maintenir à jour. Je devais parfois avoir recours à quelques tours de passe-passe mais je sauvais la face. Du moins c’est ce que je croyais.
Puis en avril dernier, je me suis fait opérer. S’en est suivi une convalescence de 3 semaines sans solde. L’assurance-emploi m’a finalement indemnisé mais j’ai reçu beaucoup moins d’argent que si j’avais travaillé pendant cette même période. Au total, mes revenus ont été coupés d’environ 700.00 $.
Je ne connais personne qui sauterait de joie à l’idée de voir sa paye amputée de 700.00 $. Mais quand on est endettée comme je le suis et que bien entendu, notre compte d’épargne est à peu près vide, ce trou budgétaire fait mal. Très mal.
Pour la première fois de ma vie, j’ai reçu des appels de créanciers à la recherche de leur paiement. Certains se sont montrés compréhensifs, d’autres pas du tout. J’ai réussi à prendre une entente de paiement avec la plupart d’entre eux, je suis donc sur la bonne voie.
Je tire évidemment de grandes leçons de toute cette mésaventure dont je suis la seule responsable.
Je dois changer mon comportement vis-à-vis de l’argent. Il faut que j’arrête de vivre comme si je gagnais 100 000$ par année. Les nombreux biens que je me suis procurée au cours des dernières années m’ont apportés du bonheur, certes, mais de façon bien éphémère. Aujourd’hui, j’ai compris que l’amour, l’amitié et la santé valent beaucoup plus que le plus beau sacs à main du monde où la dernière paire de souliers à la mode.
Même si je suis plus que décidée à faire le ménage dans mes finances, je ne me fais pas totalement confiance. Un peu comme si j’étais une droguée ayant à peine débuté sa cure de désintoxication. Dans un sens, les cartes de crédit c’est un peu ma cocaïne à moi.
J’ai demandé l’aide d’André ; mes cartes de crédits sont maintenant en sa possession. Ce week-end, on va faire un budget ensemble. Ce sera une première pour moi. J’ai déjà une petite idée des compressions budgétaires qui seront faites. Disons simplement que le ministère des restaurants sera grandement touché.
J’aime, que dis-je, j’adore aller manger au resto. Que ce soit en couple ou avec des amis, c’est toujours un moment agréable. Peu m’importe que ce soit pour manger une poutine ou du filet mignon. J’ai fait le calcul ; au cours des 31 derniers jours, j’ai payé un peu plus de 180.00 $ en frais de restaurant. Ce montant représente uniquement ma part et ne tient pas compte de ce qu’André a déboursé. C’est un petit plaisir qui coûte cher.
Ce soir, on va souper au resto pour la fête d’André. Samedi, c’est pour la fête de Mini qu’on s’y retrouvera. Après, ce sera tout. Je ne dis pas qu’on ne fréquentera plus du tout les restos mais on le fera aux occasions seulement, comme la plupart des gens que je connais. À l’heure actuelle, nous fréquentons les restaurants sur une base multi-hebdomadaire.
Je rêve du jour où mes dettes seront à zéro et que mon compte d’épargne affichera un solde appréciable. Comme je pars de très loin, ce n’est pas demain que ça arrivera mais je suis confiante. Il y a quelques jours, je voyais tout en noir et des idées sombres me passaient par la tête. Aujourd’hui, je vois une faible lueur au bout du tunnel. Il n’en tient qu’à moi de continuer mon chemin pour que la lumière devienne plus brillante.
14 réponses jusqu'à présent ↓
Pléione // 14 septembre 2007 à 1:54
Juste être capable d’admettre que tu as ce problème te mets déjà sur la bonne voie.
Bon courage, je suis certaine que tu vas finir par t’en sortir
DaisyB // 14 septembre 2007 à 5:10
Ben l’admettre c’est déjà un pas de franchi, bravo. J’ai toujours eu peur de ça alors je m’arrange pour ne pas que ça m’arrive… Mais je comprend tellement la tentation. Tu as la chance d’avoir ton copain qui t’aide dans ça, tu vas voir, après le budget, ça va allé beaucoup mieux. Beaucoup de gens ne le réalise pas assez vite et toi, tu as décidé d’agir, je t’en félicite.
CarolineG // 14 septembre 2007 à 5:55
Je n’ai qu’une chose à dire (enfin, peut-être un peu plus, quand même): COURAGE ! J’ai longtemps été une flambeuse de première, et tiens-toi bien, il m’est arrivé souvent (j’en ai honte) de retirer de l’argent sur ma carte de crédit… pour payer le solde minimum de ma carte de crédit. Faut l’faire, hein ? Sans compter que j’empruntais de l’argent comme je respirais, et que je me devais le cul, faut dire les mots crûment. Mais tu sais quoi ? Je n’ai plus de cartes de crédit, e je n’en veux plus. Je n’ai pas emprunté une maudite cenne à personne depuis plus de trois ans (si on exclut des petits dépannages d’urgence par mes parents, qui sont des avances que des emprunts)… Je vis avec ce que j’ai, et ce fut l’un des apprentissages les plus terrifiants de ma vie. Quand on est habitué à flamber sans trop compter, c’est tellement facile de faire semblant que tout va bien, hein ? Mais crois-moi, si j’ai réussi, tu le peux aussi. Lâche pas !
)
folliculaire // 14 septembre 2007 à 6:21
Tu me ramènes en arrière. J’ai déjà connu ça et je peux te dire que les créanciers me couraient et me cherchaient! Maintenant je suis ok dans mes achats, et j’ai un bon crédit. J’ai débuté, à l’époque, avec un budget fait sur exell avec une colonne des dépenses et une colonne des revenus afin de contrôler les dépenses et l’utilisation extrême de la carte de débit. Ça fonctionné.
Bonne chance,
Mini // 14 septembre 2007 à 8:53
Oh cocotte!!!!
Je sais comment tu te sens, parce que je suis comme ca aussi. M’enfin, j’était vraiment comme ça avant. Maintenant, je me controle, même si mes pulsions d’achats se font sauvages. Faut se parler et se raisonner, c’est le seul moyen. Se questionner : ai-je besoin dans l’immédiat de ca?. C’était pareil pour moi, ma carte visa sortait pratiquemment d’elle-même de mon porte-feuille o_O. Je sais que je ne devais pas en avoir…en plus c’était une carte visa mais pour mon prêt étudiant à la banque…ouais pas fort hein. Mais bon, j’ai appris aussi de mes erreurs de folies…avec 5 000$ de remboursement à la banque. *essaie de pas y penser* lol
Ton chum est très gentil de t’aider à changer tes vieilles habitudes!!! 
Prends soin de toi cocotte!
On se voit demain *blushed* lol! Vais être zêner moua hihi!;)
mercredie // 14 septembre 2007 à 10:58
J’ai eu ce même problème… Puis, un jour, je me suis décidée… J’ai clairé mes cartes 1 à 1 et quand j’ai eu terminé, je les ais coupées. Je n’en ai qu’une, avec une limite de 1000$, pour les pépins, les surprises ou pour des achats nécessitant la carte. ( billets de spectacle)
Si tu veux, tu pourrais p-e faire aussi appel à un coach financier. Un couple d’amis à moi a eu ce type de rencontre et ils en sont sortis super satisfaits. La personne donnait beaucoup de bons trucs pour économiser, pour retirer un maximum d’impôt, pour se faire un budget efficace… Je vais la consulter prochainement…
Si tu veux ses coordonnées, fais moi signe sur mon blog!
Bonne chance dans tes démarches! Je suis sûre que tu es sur la bonne voie!
marie-andrée // 15 septembre 2007 à 12:08
Je comprends ta situation! Chez nous aussi l’argent est plus vite dépensé que gagné! L’an passé, je donnais des cours privés, je travaillais pour une amie une journée par semaine en comptabilité et j’enseignais à temps plein dans l’espoir de rembourser mes dettes.
En fait, je n’ai que renouvelé ma garde-robe printemps/été, soupé au resto et acheté quelques plantes avec tout ce que j’ai fait comme argent de plus. Mais je reste zen et je laisse mes cartes de crédit à la maison quand je sors, c’est encore la meilleure façon, pour moi, de ne pas y toucher!
machavalou // 15 septembre 2007 à 1:29
Je vais débuter par un commentaire général s’adressant à chacun d’entre vous. Merci pour vos bons mots d’encouragement, ça me touche beaucoup. Je me rends compte qu’un blogue, c’est un peu comme un grand rassemblement d’amis qui sont là pour t’aider et te conseiller. Un gros merci
@ Pleione :
Tu as raison, l’admettre c’est déjà un grand pas dans la bonne direction.
@ Daisy B :
C’est vrai, je suis chanceuse d’avoir André à mes côtés dans cette épreuve. C’est dans ces moments là que je réalise à quel point j’ai un homme extraordinaire dans ma vie.
@ Caroline G :
Je n’ai pu m’empêcher de sourire en lisant ton passage sur les retraits que tu faisais sur ta carte de crédit pour payer cette même carte car j’ai fait exactement la même chose. Pas fort notre affaire hein ? Effectivement, c’est tellement facile de faire comme si tout va bien afin de sauver les apparences. Tu sais quoi ? Si je ne m’étais pas fait opérer, j’aurais probablement continué cette roue infernale et la prise de conscience que j’ai fait n’aurait jamais eu lieu.
@ Folliculaire :
J’ai téléchargé un formulaire de budget sur internet ( fait sur excel ) provenant d’une émission sur la gestion des dettes. Ça va m’aider dans mon parcours.
@ Mini :
Me questionner sur la pertinence de mes achats, c’est quelque chose que j’ai commencé à faire il y a très peu de temps. Avant, je ne me demandais jamais si j’avais véritablement besoin de cette paire de souliers, de ce nouveau sac à main. Je me disais : je l’aime, c’est beau, je le prends. On voit où ça m’a mené … Moi aussi je suis gênée à l’idée qu’on se rencontre. Je pense que c’est tout à fait normal et les choses devraient se replacer au cours de la soirée.
@ Mercredie :
Je pense que je vais faire la même chose que toi : couper mes cartes pour n’en garder une seule, parce que parfois, on en a vraiment besoin. Je trouve l’idée d’un coach financier très intéressante, surtout si tu as quelqu’un à me référer. Je te ferai signe afin d’obtenir ses coordonnées.
@ Marie-Andrée :
Je ne traîne plus mes cartes de crédit avec moi car la tentation était trop forte. Je pouvais presque les entendre m’appeler en me disant : on est là, on va t’aider à te payer ce que tu veux. Maintenant que c’est André qui les a en sa possession, ça me rassure beaucoup. Elles auront beau m’appeler, je ne les entendrai jamais, André va jouer le rôle d’un mur coupe-son.
Miss Lola // 15 septembre 2007 à 8:59
Moi aussi malgré mes revenus faibles j’aime dépenser, je comprnends le geste!
Amélie // 15 septembre 2007 à 10:44
Wow! EN fait, j’admire ton courage et…l’effort que ça va demander au début. Tu verras probablement que le budget, c’est comme le régime…il faut le faire et c’est comme ça que tricher, une fois de temps en temps, ça peut être un plaisir qui n’est pas addictif…
Ça a l’air paradoxal, mais je penses que tu apprécieras plus ce que tu as en ayant moins…
Est-ce que tu connais “La Simplicité volontaire, plus que jamais” de Serge Mongeau ? sans en faire une doctrine, peut-être que le livre pourrait t’aider à aborder autrement le fait de moins acheter…
Je suis avec toi à 100% !!!
machavalou // 15 septembre 2007 à 11:30
@ Miss Lola :
Join the club comme on dit
@ Amélie :
J’ai beaucoup entendu parler de la simplicité volontaire mais mon côté matérialiste ne comprenait rien à ce mouvement. Je vais m’informer afin d’en savoir plus, je crois que je serai plus réceptive au message cette fois-ci.
Ça me fait penser à un homme que je connais qui a marié une cubaine. Il me parlait de la pauvreté dans laquelle la famille de sa femme vit mais aussi à quel point ils sont heureux malgré tout. Alors que nous, riches nords-américains qui avons tout ce que nous voulons, nous sommes bien souvent malheureux et insatisfaits.
C’est tout de même ironique …
Amélie // 16 septembre 2007 à 10:16
En effet, les gens pensent souvent que la simplicité volontaire, c’est de devenir ascète. Il s’agit plus de prendre conscience que notre consommation n’est parfois ni utile ni plaisante…Se permette des folies permet de les savourer doublement dans ce cadre (genre la TV)…! Voilà un petit lien qui va peut-être te donner un appercu : http://fr.ekopedia.org/Simplicit%C3%A9_volontaire
Miss Patata // 16 septembre 2007 à 1:28
J’ai également eu ce problème… Je vivais chez mes parents et je faisais un très excellent salaire alors je dépensais sans compter… Sauf que lorsque je suis arrivée en appartements mes mauvaises habitudes m’ont suivis…
C’est pas drôle gagner un bon salaire et ne pas voir ou il va!
Les choses ce sont arrangés pour moi, question de méthode je crois, mais je demeure vigileante!
Je me questionne: en ai-je vraiment besoin? Et je tente de voir mes dépenses comme des investissements, de faire des choix raisonnable, fini les achats de parfum pour assouvir un sentiment de tristesse!
Ça m’a saisie il y a de cela quelques semaines quand je suis allée voir le nombre de point que j’avais sur ma carte de crédit, selon le nombre de point j’aurais transigér plus de 17 000$ sur une carte de crédit! Imagine c’est le prix d’une bagnole!!!
Pas facile, mais possible!
machavalou // 16 septembre 2007 à 11:29
@ Amélie :
Tu me donnes le goût d’en savoir plus.
Merci pour le lien
@ Miss Patata :
J’ai souvent fait la même chose : acheter un bien parce que j’avais eu une mauvaise journée. Je me souviens entre autre d’une soirée où j’avais flambé plus de 200.00 $ à un comptoir Clarins parce que ma journée avait été merdique.
Comme tu le dis si bien, ce n’est pas facile mais possible.