Chère Myriam,
Je ne te connais pas personnellement mais j’ai envie de t’écrire cette lettre comme on le fait avec une amie qui vit des moments difficiles.
Comme tous les québécois, j’ai suivi avec fierté tes exploits sportifs. Suite à tes 2 médailles d’or à Lillehammer tu as hérité du surnom de reine des jeux. Alors que peu de gens connaissaient le biathlon, tu as mis ce sport sur la carte. Je suis convaincue que tu as influencé plusieurs jeunes à suivre tes traces. Dans le même ordre d’idée, il y a probablement beaucoup de petites filles qui s’appellent Myriam en ton honneur.
À ton retour, tu as été partout, les médias s’arrachaient tes entrevues. D’athlète quasi anonyme, tu es rapidement devenue une personnalité publique, avec ce que ça comprend de bons et de mauvais côtés.
Ton étoile a brillé pendant un certain temps et après tu es retombée dans l’oubli, comme c’est arrivé à bien d’autres avant toi. Quand le public aime et adule quelqu’un, c’est rarement pour toujours.
Tu es revenue à l’avant-scène aux jeux de Nagano en 1998. Tu tentais de répéter le scénario de 1994. Malheureusement, tu n’as pas eu ta place sur le podium. Peut-être que tu as été trop longtemps hors du circuit de la compétition et ton corps ne pouvait reprendre où il avait laissé ? Encore une fois, tu es retournée dans ton anonymat, probablement avec le coeur en miettes et l’estime en bouillie.
On t’a ensuite revu pendant les audiences publiques pour le scandale des commandites. Si ton but était de te faire remarquer, dis-toi que tu as réussi à 100 miles à l’heure. Tes déclarations toutes plus farfelues les unes que les autres ont beaucoup fait jaser. C’est sûrement à ce moment là que le public s’est demandé : où est notre Myriam, celle qui nous a fait vivre tant de belles émotions, de qui nous étions si fiers ?
Cette Myriam là, on ne sait pas où elle est. D’ailleurs c’est à se demander si tu le sais toi-même. Tout le monde s’entend pour dire que ton conjoint te tient prisonnière sous son joug, un peu comme un gourou avec les membres de sa secte.
Est-ce lui qui t’a mit dans la tête ces idées de terrorisme bureaucratique ? Est-ce que c’est grâce à lui que tu vois des complots partout ? Quand tu prends la décision de couper les ponts avec ta famille parce qu’ils n’aiment pas ton conjoint, l’heure est grave. Peut-être voient-ils tout simplement des choses que tu ne peux pas ou ne veux pas voir. Ta famille veut ton bien et tes parents sont les premières victimes de ton changement de vie, de personnalité. Ils s’ennuient sans aucun doute de la petite fille et de la superbe jeune femme que tu étais.
Il y a quelques jours, tu as été reconnue coupable de l’enlèvement de ton propre enfant et tu connaîtras ta sentence le 9 octobre prochain. La peine maxiale pour ce genre de crime est de 10 ans de prison mais étant donné ton caiser judiciaire vierge, il serait étonnait que tu écopes d’une peine aussi lourde.
Mon souhait le plus cher c’est que tu te réveilles un jour et que tu te rendes compte à quel point tu es manipulée par ton conjoint. J’espère que tu briseras les liens avec lui car tu mérites beaucoup mieux.
Encore une fois, je ne te connais pas personnellement mais je suis touchée par ce qui t’arrive.
Je te souhaite la meilleure des chances, je crois que tu en as vachement besoin.