Billet Urbain

Comment je pourrais te le dire …

5 août 2007 · 13 commentaires

Mélanie, tu sais que je te considère comme une très bonne amie. D’abord une simple collègue de travail, ça a rapidement cliqué entre nous et nous sommes maintenant très proches. Même que certaines personnes pensent que nous sommes soeurs.

J’admire ta relation avec Juliette, ta petite fille de 11 ans. Elle est belle, affectueuse et pleine de vie. Malgré le fait qu’elle soit autiste, tu ne t’es jamais découragée et tu l’as acceptée telle qu’elle est. Si un jour je deviens maman, j’aimerais te ressembler.

Par contre, nous sommes à milles lieux l’une de l’autre dans nos relations de couple. Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir revu mon ex cette semaine mais j’ai soudainement pris conscience que ta relation avec Olivier ressemblait beaucoup à ce que j’avais vécu avec l’ex. La violence physique en moins, remplacé par une violence psychologique. Ce qui n’est pas nécessairement “moins pire” et qui fait tout aussi mal que les coups.

Je ne peux pas dire qu’Olivier est un trou de cul sur toute la ligne, ça serait exagéré. Il a quand même des bons côtés mais qui me semblent complètement annulés par tout ce qu’il fait de mauvais.

Dans ses bons jours, tu es la plus belle et la plus fine. Il parle d’acheter une maison et il s’occupe de Juliette comme si c’était sa propre fille. Mieux d’ailleurs que son père biologique.

Quand il pète sa coche, généralement suite à un trop plein d’alcool, il te met sur le nez tes livres en trop ( 15 peut-être ? ) ; tu n’es qu’une grosse qu’il n’a pas envie de “fourrer”. Juliette tant qu’à elle n’est rien d’autre qu’une handicapée. Il menace de partir pour ne plus revenir.

C’est à ce moment là que tu m’appelles, en pleurs, en me disant que tu n’en peux plus tout en me demandant conseil. Ne l’interprète pas mal, ça ne me dérange pas que tu me téléphones lorsque ça se produit. Je le prends comme une marque de confiance.

La dernière fois, c’était la semaine passée. Mercredi je crois. Je savais que c’était toi grâce à l’afficheur. Avant même que je décroche, j’avais le pressentiment que tu ne m’appelais pas pour faire du bla bla ordinaire. Quand j’ai répondu, je t’ai entendu pleurer à l’autre bout du fil. Tu m’as parlé un peu et tu m’as demandé si je pouvais tenter de raisonner ton chum. Honnêtement, je n’en avais aucune envie mais par amitié, j’ai dit oui. Je n’ai pas eu le temps de placer un mot, il t’a “blasté” en parlant de ta jalousie et des bibittes que tu avais dans la tête. Avant même que je puisse répliquer, il m’a raccroché la ligne au nez. Il n’y a rien que je trouve plus insultant que ça. Je me suis retenue à deux mains pour ne pas rappeler et lui dire ma façon de penser. Encore aujourd’hui, je me demande pourquoi j’ai hésité.

Quelques heures plus tard, tu m’as rappelé. Olivier s’était calmé et malgré ses menaces de quitter les lieux, il était toujours là. La situation était à nouveau au beau fixe et tu passais l’éponge encore une fois. Tu m’as avoué que tu étais dépendante affective et que tu ne pouvais pas vivre seule. Ça ma belle ça fait longtemps que je le sais ! Olivier le sait aussi sans aucun doute. Il se dit sûrement que peu importe ce qu’il fera, tu ne le laisseras jamais. Tu vas encaisser ses frasques et pardonner à chaque fois.

Je souhaite de tout mon coeur que tu trouves le bonheur car tu le mérites pleinement. Nicolas n’a jamais accepté le fait d’avoir un enfant autiste et votre union s’est terminé par un douloureux divorce.

Par la suite, tu as rencontré Olivier et depuis, tu vis constamment dans un climat d’incertitude. Tu n’auras jamais aucune stabilité avec lui. Quand je vous entends parler d’acheter une maison, j’ai peur pour toi. Déjà qu’il ne paye pas sa juste part des dépenses de l’appartement, pourquoi cela serait différent lorsque vous aurez votre propriété ? As-tu vraiment besoin de ce fardeau financier supplémentaire ? Il n’a jamais d’argent pour un souper au resto en amoureux ( le peu de fois où vous y allez c’est toi qui paye la note ) mais pour acheter des trucs de golf, l’argent est toujours là.

Je souhaite de tout mon coeur que tu t’ouvres les yeux et que tu vois Olivier comme il l’est vraiment : quelqu’un dont tu n’as pas besoin. C’est mauvais signe quand les gens de ton entourage ( amis, collègues, parenté ) ont tous une mauvaise opinion de ton conjoint. Sommes-nous tous dans le tort où sommes-nous tout simplement réaliste ?

On dit que l’amour rend aveugle ; je crois que tu en es la plus belle preuve. J’ai hâte que tu te réveilles.

Comme je ne parle pas de mon blogue au gens de ma connaissance, ils ne sont pas au courant de son existence ( sauf André ). Je sais donc que tu ne verras jamais ce billet et les chances que tu tombes dessus par hasard sont très minces car tu n’es pas très “internet”. Malgré tout, je ne considère pas avoir écrit ce texte pour rien : il va peut-être me donner le courage de te dire en face ce que je pense vraiment de ta relation amoureuse avec Olivier. Peut-être que ça va foutre notre amitié en l’air mais je suis prête à prendre le risque.

Je suis ton amie et je veux ton bonheur … et ce n’est pas avec Olivier que tu vas y goûter.

Catégories : Quotidien