J’arrive au travail. Je sors ma bouteille d’eau de mon sac à main et je la dépose sur mon bureau. J’ai alors la brillante idée de nettoyer mes lunettes parce que des barniques c’est TOUJOURS sales.
Je commence à peine à frotter les verres avec mon chiffon lorsque j’entends un bruit qui est loin d’être rassurant. Je regarde mes lunettes et que vois-je ? Elles sont en deux morceaux ! Le pont qui relie les deux verres a cédé. J’ai des preuves de ce que j’avance :

N’allez pas croire que je suis une brute qui casse tout ce qu’elle touche. Loin de moi cette idée. Il faut dire que j’avais fait redresser mes lunettes il y a deux semaines. Pour une raison que j’ignore, mes lunettes avaient décidés de crochir sans crier garde.
Avant de débuter toutes manoeuvres, l’opticienne m’avait prévenu qu’elle pourrait casser mes lunettes en les manipulant. Courageuse comme je suis, j’ai répondu que je prenais la chance. Puisque j’avais reçu mes lunettes en un seul morceau, je ne m’attendais pas à ce que le risque soit encore présent deux semaines plus tard. Surtout, je ne m’attendais pas à ce qu’elles me laissent tomber dans un moment aussi banal que leur toilette quotidienne.
J’ai donc passé la journée sans mes lunettes. Tôt ce matin, ça allait mais en fin de journée, j’avais l’impression que mon écran d’ordinateur m’envoyaient des poignards directement dans les yeux. Un mal de tête voulait se pointer mais semblait hésitant à prendre le plancher. Je n’ai pas pris de chance et j’ai envoyé deux comprimés d’Advil lui montrer qui était le plus fort. Il a compris et est parti sans demander son dû.
Après le travail, direction Costco avec ma mère et mon amoureux. Nous faisons nos emplettes et au moment de passer à la caisse, ma mère voit le comptoir d’optométrie. Elle me dit
- Donne-moi tes lunettes, je vais t’arranger quelque chose
Je la vois parler avec une opticienne qui regarde avec amusement les deux bouts de métal que ma mère lui présente. Me demandant bien ce qu’elle peut bien lui raconter, je vais la rejoindre. Je l’entend dire :
- Ma fille a brisée ses lunettes ce matin ; est-ce possible de les réparer ?
Ce à quoi l’opticienne répond :
- Non, je suis désolée, il n’y a rien à faire pour ce genre de bris
Ma mère réplique alors :
- Pensez-vous qu’on pourrait trouver une monture qui pourrait accueillir ses verres actuels ? Ma fille n’a pas travaillé pendant plusieurs semaines suite à une grave opération et son budget est serré. Si elle pouvait s’en sortir avec l’achat de la monture seulement, ça serait plus facile pour elle.
Je ne saurais dire si ma mère l’a vraiment convaincu où si l’employée en question était d’une gentillesse naturelle. Toujours est-il qu’elle s’est mis à regarder les montures pour déceler celle qui pourrait convenir à mes verres. Après un jeu d’essais et erreurs, répartis sur une dizaine de montures, l’opticienne m’a fait son plus beau sourire et m’a dit :
- On a le match parfait !
J’ai essayé les lunettes en question. La bordure noire me donnait un air légèrement sévère. Dans les circonstances je ne pouvais pas être trop difficile. J’ai donc répondu :
- C’est très beau
Elle a ensuite “chauffer” les lunettes dans un appareil conçu à cet effet. La monture de plastique devenait alors plus flexible et elle a pu la mouler un peu mieux à mon visage.
Coût total de l’aventure : 59.99 $. Il s’agit d’une mesure temporaire et je devrai sûrement investir dans une “vraie” paire de lunettes très bientôt. Mais en attendant, ça me dépanne. Merci maman !