Entre les boîtes et la peinture, je ne suis pas aussi dédiée à mon blogue que je l’aimerais. Je n’ai donc pas eu la chance de vous parler en temps réel d’un évènement survenu il y a environ un an.
Le 11 avril dernier je fêtais le premier anniversaire du retrait de ma vésicule biliaire. Oui, je sais, dans mon bilan de fin d’année, j’avais promis de ne plus en parler mais vous comprendrez que je ne peux passer sous silence ce premier anniversaire
L’opération s’est déroulée à l’hôpital de Verdun. Le trajet en taxi, accompagné de ma maman, se fait dans le silence. Malgré le fait que cette intervention représente pour moi une délivrance, je suis tout de même nerveuse. C’est la première fois que je serai sous anesthésie générale et je ne sais pas à quoi m’attendre.
Lorsque j’arrive à l’hôpital, je me rends à l’étage pour les chirurgies d’un jour. Je suis accueillie par une infirmière super sympathique, souriante et qui me demande si j’ai apporté mon pipi. Comme personne ne m’avait prévenu que je devais fournir un échantillon d’urine, je n’avais pas ça avec moi. Malgré le fait que je suis à jeûn depuis 12 heures, la nervosité m’aide à remplir le petit pot en question sans aucune difficulté.
André arrive peu de temps après et je suis contente de le voir. Ma mère et mon amoureux sont à mes côtés, tout ira bien.
Vers 7h30, on vient me chercher pour m’amener en salle d’opération. Le personnel mentionne à ma mère que l’opération dure 1 heure et que je passerai une autre heure dans la salle de réveil. Elle estime donc mon retour vers 10h30 tout au plus.
On me fait poireauter sur une civière pendant une vingtaine de minutes ( le temps de faire un test de grossesse, comme je l’ai su par la suite ) et vers 8h, comme je ne suis pas enceinte, j’entre officiellement en salle d’opération.
Une infirmière me fait étendre les bras de chaque côté de mon corps, à 90 degrés, pour ensuite m’attacher. La sensation n’est pas très agréable mais il semble que cette étape soit nécessaire pour éviter tout mouvement brusque pendant l’intervention. Pendant ce temps, l’anesthésiste s’occupe de m’endormir. Il envoie une première dose dans mon corps en me disant que ça va pincer. Effectivement, je ressens une vive douleur à la veine, comme si un pamplemousse essayait de passer par là. La douleur dure quelques secondes puis s’estompe d’un coup sec. Deuxième avertissement de l’anesthésiste pour la douleur et cette fois-ci, j’ai plutôt l’impression que c’est un melon d’eau qui me traverse la veine. C’est le dernier souvenir que je garde car tout de suite après, j’étais loin, loin, loin.
Lorsque je me réveille, je n’ai aucune idée de l’heure qu’il peut être. Il y a une horloge sur le mur devant moi mais je n’ai pas mes lunettes alors je n’arrive pas à voir les aiguilles du cadran. Une chose est sûre : je me sens tellement assommée. J’ai l’impression que je n’ai pas dormi depuis 3 jours ! Une infirmière vient me voir en me disant que je dois prendre de grandes respirations car mon taux d’oxygène dans le sang est très bas. Je respire une fois, deux fois mais la fatigue prend le dessus et je retourne dans les bras de Morphée à la première occasion.
C’était mal connaître les infirmières de la salle de réveil ! Elles venaient me voir très souvent pour m’inciter à respirer. Lorsque l’une d’entre elles consulte le moniteur, mon taux d’oxygène dans le sang est à 52% ce qui est extrêmement bas. Comme je ne semble pas vouloir respirer par moi-même, on me branche sur l’oxygène. Tout ce que je veux c’est dormir, les infirmières peuvent bien me brancher sur le patchouli si ça leur chante, personnellement je m’en contre-fiche.
Mon cerveau est dans le brouillard mais je suis quand même consciente que les infirmières s’agitent autour de moi. En plus de ne pas respirer convenablement, il semblerait que ce ne soit pas normal qu’à mon âge je ne me réveille pas plus vite. Il est donc décidé que j’ai besoin d’un “boost” pour me réveiller, qu’on m’administre par intraveineuse. À ce moment là, l’anesthésie fait visiblement encore effet, je suis branchée sur l’oxygène et un autre produit circule dans mon corps pour me réveiller. Méchant cocktail n’est-ce pas !
Lorsque finalement on me retourne à ma “chambre” ( il s’agit en fait d’une grande salle communautaire où sont installés tous les patients venus pour une chirurgie d’un jour. Seuls quelques rideaux nous séparent et nous procurent un semblant d’intimité ), ma mère est blanche comme un drap et l’inquiétude se lit sur son visage. André, qui est d’un calme légendaire d’habitude, affiche un visage que je n’ai pas souvent vu.
Il est 13h à ce moment là, et j’ai quitté ma chambre depuis presque 6 heures. Nous sommes loin des 2 heures qu’on avait donné à ma mère ! J’ai appris par la suite que le personnel infirmier n’avait donné aucune information sur mon état à ma mère ou mon amoureux. On s’était contenté de leur dire, quelques minutes avant mon retour, que je me réveillais difficilement mais sans plus.
Les infirmières au département des chirurgies d’un jour consultent mon dossier et je les entends chuchoter que l’anesthésiste y a été trop fort dans ses doses, ce qui expliquerait mon état quasi comateux. Malgré le fait que techniquement, je devrais sortir la journée même, une des infirmières mentionne à ma mère qu’étant donné mon état actuel, je passerai probablement la nuit à l’hôpital. Me laisser sortir ainsi, alors que je suis encore sous l’effet de l’anesthésie et que mon taux d’oxygène est inquiétant serait dangereux pour moi. André et ma mère quittent donc l’hôpital, pour me permettre de reprendre des forces. Je me croise les doigts pour qu’ils reviennent me chercher car je n’ai aucune envie de passer la nuit ailleurs que dans mon lit.
Dès leur départ, j’entreprends un marathon de “remise sur le piton” : je respire aussi profondément que je le peux et je suis très fière lorsque je vois sur le moniteur que mon taux d’oxygène augmente lentement mais sûrement. Je dors aussi parce que malgré mes efforts pour rester éveillée, mon corps a besoin de repos.
Mes efforts ont portés fruits : vers 17h, l’infirmière de garde juge que mon état est assez satisfaisant pour que je retourne à la maison. Ce n’est pas moi qui vais s’en plaindre !
Arrivée à la maison, j’ai droit à la nourriture de malade : un bon bol de soupe Lipton avec des biscuits soda. Peu de temps après avoir mangé, je vais me coucher pour une nuit de sommeil réparateur.
Un an plus tard, je peux vous dire que je me porte à merveille. Les crises de foie sont choses du passé et j’espère ne jamais en refaire. Malgré les difficultés survenues la journée de l’opération, tout s’est bien déroulé dans les jours qui ont suivis. Si c’était à refaire, je n’hésiterais pas une seconde.